Témoignages artistiques

Rencontre intense


« Pour un rendez-vous avec un moment d’éternité à travers la grâce d’un mouvement, un soir d’orage… Il y a des rencontres pour lesquelles on garde des souvenirs profonds. Des moments intenses que l’on attend souvent longtemps. Celle que j’ai faite avec George en est un pour diverses raisons. Celles que vous ferez avec son art en seront également.

Sachez-le et soyez attentif à ses périgrinations. »

P. Amiel, Directeur, rédacteur en chef du magazine des Arts et des Antiquités, CÔTÉS ARTS

Le Doodle, un être délicieux

Dans l’univers de George, le monde des Doodles s’est manifesté, monde étrange, charme indéfinissable, insolite, qui interpelle. 

Il faut se méfier, le Doodle est un être délicieux comme inquiétant, présence amicale et dans la seconde, fracasser votre tableau en tirant la langue !

Le "Monde de George" est le reflet de notre époque, foultitude étrange qui se dirige vers…

vers où ? Mais quelle présence !

Tes créations, amie George, je ne sais pourquoi me font penser à Cyrano, être bon et généreux jusqu’au sacrifice : « Ah, te voilà, toi, la Sottise ! ».

Est-ce un Doodle qui défie la frisolité de la critique ?

Défoncez-vous George, vous avez tant à dire !

Serge Dupont-Valin, Auteur

Sculptures & réflexion

George Sculpteur est une artiste qui a élaboré son parcours artistique comme un laboratoire de recherches et d'expérimentation dans l'orientation de créations contemporaines.
Cette production manifeste une richesse d'expressions formelles, allant de l'hommage poétique et métaphorique aux précurseurs dans les « Femmes végétales » à une série beaucoup plus personnelle centrée sur la métamorphose des souvenirs de l'enfance, la puissance évocatrice de la poupée de chiffons, virilisée dans le bronze tels les « Doodles », tout en poursuivant le questionnement sur le rôle et la place du signe avec sa collection (été-printemps-hiver-automne) de « Dessous féminins » et « d'aciers découpés ».

 

Le statut de l'objet

Toutes ces sculptures interrogent le statut de l'objet, leur rapport à l'espace et manifestent l'importance du rôle des mémoires personnelles et collectives comme moteur de la création.

Les sculptures de George expriment également une profonde et bienveillante réflexion sur la féminité, les représentations du corps.

 

Bousculer les codes et les genres

Le choix du bronze, autre subversion des genres et pas des moindres, proclame explicitement les volontés de George de mettre en tension à la fois les codes sociaux et les codes des mondes de l'artEn effet toute la production de George s'articule et s'organise dans une série de mises en tension successives ou simultanées de registres en apparence antinomiques, tels que le poétique/le bronze, la bienveillance/l'ironie, la mémoire/la disparition, le naturel/le culturel.


Ces tensions sont questionnées, déployées, sublimées par la précision du geste présente à toutes les étapes de la complexe succession des tâches nécessaires - préalables et postérieures - à la fusion du métal, moment magique et éprouvant de l'avènement du projet.

 

L'amour de la précision

Toute l'oeuvre de George réhabilite pleinement le travail de l'artisan, l'amour de l'exécution, de la précision. Elle s'accomplit dans ces trois sphères imbriquées du concept, de l'exécution et du saisissement provoqué par l'objet final. Par ses références multiformes aux problématiques du Temps, de la Mémoire, le travail de George s'apparente  au courant artistique contemporain des « Mythologies individuelles » dans lesquelles les évènements de la vie personnelle de l'artiste, ses rencontres, son histoire même, sont  initiateurs du travail et font à la fois signe et sens.

Françoise Livache, Docteur en Esthétique et Sociologie

« Equi-Libre », hommage à Folon

Un chuchotement dans le creux de l’oreille pendant mon sommeil : « Le rendez-vous aura bien lieu »… Cela fait quelques jours déjà que je me demande ce que ces bribes de rêve veulent bien vouloir dire. L’ARTENCIEL est en préparation, je reçois les dossiers au fur et à mesure que le jour de l’inauguration approche. Aujourd’hui George m’a parlé de son projet autour d’une femme, d’équilibre, d’une rencontre entre rêve et réalité. « D’une attention au discours de l’autre ».

Mais George ne me montrera pas de croquis pour l’instant, elle veut préserver le mystère autour de son œuvre jusqu’à son installation à Saint-Paul de Vence. Quelques jours plus tard je ne peux m’empêcher d’en demander un peu plus à George. Son projet se précise « l’autre » sera L’Envol de Jean-Michel Folon son œuvre sera baptisée « Equi-Libre». Toujours pas de croquis… Les jours passent, petit à petit sculptures et installations trouvent leur place dans le Village. Ce soir, avant la tombée du jour, George doit venir installer sa sculpture. Je vois au loin le camion qui transporte son œuvre, j’aperçois une échelle, le corps sombre d’une femme qui en guise de tête à une cage à oiseau à la place.Bientôt la sculpture se dresse pour prendre place à coté de « L’Envol »…Mais oui ! « L’equilibre » cet automate de Jean Michel Folon, ce petit personnage revêtu d’un manteau et son chapeau qui fait un numéro d’acrobatie sur une échelle perdue au milieu des étoiles !

« l’Equi-Libre » prend sa place et tout son sens, du haut d’une échelle qui n’a pas de commencement ni de fin la silhouette d’une femme en équilibre sur une chaise semble encourager le personnage de Folon à prendre son envol.

Sur un fond tapissé de nuages les silhouettes des deux sculptures se détachent parfaitement et créent un équilibre dans l’espace, une vision nouvelle de ce personnage empreint d’une profonde solitude, égaré dans les méandres du passage des visiteurs. L’homme n’est plus seul. Une femme hybride, le corps revêtu de capsules multicolores,  née de l’imagination de George est désormais là, à équidistance du personnage, libre de s’en aller ou de rester, comme suspendu dans le vide défiant l’apesanteur.

L’équilibre est établi, ils dialoguent tous les deux. On peut les  entendre parler de « Voyages » « Vers un pays lointain », de « La route » autant de destinations imaginaires comme « Le départ » « Au pays des merveilles ».

Le jour est tombé et dans le creux de l’oreille un chuchotement : le rendez vous avec Folon à bien eu lieu.

par Mickaël Phul

La femme singulière

George sculpte des jeunes filles mythologiques comme des anges, ayant pour seul modèle son univers intérieur. Sa maîtrise totale des  techniques du bronze lui confère un pouvoir sur la matière. Elle peut à sa guise restituer au bronze sa légèreté accentuant ainsi la délicatesse céleste de ses Femmes sculptures. (suite par Pierre Lipa