…Pour un rendez-vous avec un moment d’éternité à travers la grâce d’un mouvement, un soir d’orage… Il y a des rencontres pour lesquelles on garde des souvenirs profonds. Des moments intenses que l’on attend souvent longtemps. Celle que j’ai faite avec George en est un pour diverses raisons. Celles que vous ferez avec son art en seront également. Sachez-le et soyez attentif à ses périgrinations.

P. Amiel
Directeur, rédacteur en chef du magazine des Arts et des Antiquités CÔTÉS ARTS

*Fils du sculpteur Lipa, élève de Brancusi, compagnon de Fernand Léger, d'André Derain, de Hans Arp, a inscrit son travail dans le cycle des grands artistes du siècle de l'art moderne.

                                                 La femme singulière.

C’était une fin d’après midi d’automne, le vernissage de la biennale de sculpture du musée Renoir s’achevait. Les oliviers séculaires aux reflets d’argents frémissaient dans la lumière de cet été indien. Une jeune femme, un catalogue à la main s’approcha de moi » Pouvez-vous m’offrir quelques mots «  me dit-elle ; cette demande singulière m’évoqua immédiatement l’image du petit Prince :

« Dessine moi un mouton ».
Je fus absorbé ainsi dans l’univers de George. Elle m’invita à la suivre dans le domaine impressionniste de l’illustre peintre afin de me montrer les sculptures qu’elle exposait. Nous arrivâmes  au pied d’un immense olivier centenaire- j’appris plus tard qu’il avait été planté là par François 1° - Devant le tronc de cet arbre se trouvait Daphné, une sculpture de bronze sur un socle en céramique polychrome.Ce qui me frappa à la vue de cette figure onirique et délicate fut son caractère envoûtant, irréel et singulier. Je compris à cet instant que je n’étais plus maître de moi, je m’abandonnais et me laissais guider par le crépuscule de la Beauté seule vers le pays de la Connaissance.

Il y a bien longtemps un homme a dit : « je ne veux pas peindre des anges, parce que je n’en ai jamais vu. » C’était le peintre Courbet. Il préférait peindre « les Demoiselles des bords de Seine », selon ses propres modèles.
George sculpte des jeunes filles mythologiques comme des anges, ayant pour seul modèle son univers intérieur. Sa maîtrise totale des  techniques du bronze lui confère un pouvoir sur la matière.
 Elle peut à sa guise restituer au bronze sa légèreté accentuant ainsi la délicatesse céleste de ses Femmes sculptures.

Surfaces lisses, peaux, dentelles écorces, branches, alternent et fusionnent avec la nature environnante. Les repères disparaissent, George brouille les pistes et plonge le spectateur dans un rêve éveillé.  
C’est le triomphe du végétal sur le métal, l’artiste abolit la matérialité et permet à Salomé de danser encore et encore… L’oiseau de Manutea s’envole et délivre  l’âme et la sculpture de sa pesanteur. 
Il faut posséder la technique la plus raffinée pour infuser ainsi la vie à la matière, la Singularité d’une « Ame d’Artiste » : l’œuvre de George ne fait que commencer son voyage infinie dans l’imaginaire des hommes.
                                              Pierre Lipa*

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