«INFINI» œuvre 9,5m - ø 18mm - acier total 32 m
Orchestration & spatialisation, poésie d'un mot au profit d'une esthétique basée sur la lettre et le signe.

 

"...La vie de GEORGE se situe elle aussi aux frontières de la poésie. Elle est empreinte d'une volonté qui a su se mettre au service de ses aspirations, une quête sans cesse recommencée de l'idéal féminin. En vous dévoilant son parcours, c'est une immersion dans son art, pour un moment de grâce, éphémère."

 

PH. Amiel ART. Côté Art

Bronzes patinés en brun : brûlures dorées, apparitions phantasmatiques, moitié femmes moitié branchages, les sculptures de George nous apparaissent comme dans un rêve. Un rêve qui dit d’une manière codé quelque chose du mystère de la femme repliée sur elle-même, lorsqu’elle se vit nature. On songe à l’oeuvre de Léonor Fini, à celle de Manina où la nature et l’inconscient forment une seule et même entité originaire. Le mythe fondateur d’Apollon et Daphné nous traverse la mémoire…

Un univers purement féminin s’ouvre à nous ; Pour rester une jeune fille des bois libre comme elle l’entend, la nymphe demande à son père le dieu du fleuve de la sauver des étreintes d’Apollon. Le Bernin la représente au moment crucial où ses jambes, ses bras, ses cheveux
commencent à prendre l’aspect végétal. Toutes les femmes sculptées par George sont enclines à des métamorphoses. Leurs corps filiformes couverts de dentellerie sophistiquée inspirent l’érotisme. Elles portent des noms qui évoquent le danger ; Si St’Elme avec son profi l de déesse indienne se transformait en éclair, elle pourrait détruire la personne qui la regarde. Louvoyante, Salomé danse… Le mouvement de ses bras n’étant plus que des trajectoires dans l’espace nous plonge dans le vertige. Sa tête repose sur un long cou légèrement penché, Eva séduit.
Quand Narcisse aperçoit son image dans le miroir de l’eau, il devient fou…
Ces nymphes ont depuis longtemps fermé les yeux sur le spectacle effectif du monde. De longs cils marquent leur regard tourné vers leur seule intériorité. Idoles ou prêtresses, elles semblent rêver d’elles-mêmes, elles semblent rêver du Tout, elle sont dans l’immanence. Les secrets qui les habitent, le profane ne peut pas les atteindre ; « Dans la rosée du monde, je m’exerce au Paradis » écrit l’artiste. Dans les mains magiques de Manutea, il naît l’oiseau sacré. ...
George sculpte « l’essence de la féminité. »

Ses personnages, l’artiste les met poétiquement en scène. Avec sa caméra, elle ruse, transpose l’objet crée, efface presque sa matérialité lui donne une nouvelle dimension.
Auprès des arbres, ses « femmes sculptures » nous apparaissent comme des phasmes, au bord de la mer, elles semblent s’ériger de la terre… Des installations ? Oui!
Des installations d’une nature particulière… L’artiste leur rend le territoire d’où elle les a dérobées.
Ces sculptures acquièrent ainsi une valeur de sacralité païenne comme Daphné de la mythologie ovidienne.

L’imaginaire féminin
L’imaginaire féminin lorsqu’il se libère de certaines contraintes plastiques et
formelles s’exerce à une sorte d’introspection et souvent, il se retrouve face à la
Nature perçue en tant que cosmos. Et, c’est là où, la femme artiste puise l’inspiration
qui lui correspond, c’est là où elle opère.
Il en résulte des images aux accents fantastique et métaphorique.
L’apparence du monde lui est insuffi sante, elle vise le devenir, les transformations
et les métamorphoses.
Ileana Cornea, Critique d’art Octobre 2008 (*Auteur d’une monographie
sur Raymond Hains)

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