"De la pause à l'instantané"

Depuis l'Antiquité que ce soit dans la peinture, la sculpture, la mosaïque , ou les pièces de monnaies, les portraits avaient pour vocation essentielle d'individualiser les personnes représentées, d'attester de leur existence réelle, de les distinguer du reste des personnes assignées à l'anonymat.
Lorsqu'il s'agissait de l'effigie d'un souverain le portrait gravé conférait une valeur de légitimité, de caution à la monnaie. S'ajoutait également dans ce cas précis, la dimension temporelle puisque à chaque souverain correspondait la temporalité de son règne.

Les techniques utilisées dans la réalisation de tous ces portraits, attestent aussi de leur époque ; elles sont un marqueur historique, en plus de leur dimension patrimoniale.

À partir de la Renaissance, l'art du portrait se développe, se complexifie dans les mises en scène, les compositions, l'autoportrait apparait comme une attestation supplémentaire de la présence de l'artiste, comme une expression de la relation singulière entre l'artiste et son client.

Le portrait, la représentation plus ou moins fidèle du sujet est tributaire des impératifs de la commande. Selon les cas il valorise ou stigmatise les personnes représentées.
Ultérieurement, indépendamment du cadre des conventions artistiques et sociales, le portrait s'attachera à la dimension psychologique du sujet et de sa représentation.
Le portrait ne saisit plus seulement une position sociale, un milieu professionnel ou domestique, mais de plus en plus un état fait de sentiments, d'émotions variables selon les conditions du moment.
La pause imprimée au sujet ne suffit plus, son regard devient un des éléments essentiels de l'image. Il fait sens.

Dans l'art contemporain, à partir des années 50/60, le portrait s'efface, repris en relais dans le travail des photographes qui saisiront le mouvement.
C'est le corps dans son ensemble, sa matérialité, sa chair, sa volumétrie, sa souffrance qui devient fin et moyen des artistes.
L'expérience, l'instantanéité du moment et du mouvement s'imposent dans  la production artistique contemporaine.
Mais c'est également la disparition du corps, et l'exploitation et valorisation de sa trace ou de son absence qui vont s'y substituer.

Le développement historique  des représentations du corps, du portrait, montre comment s'est enrichie la représentation des personnes tant dans la finalité recherchée que les moyens employés pour y parvenir.

Notre projet prenant en compte cette longue histoire de la représentation humaine, a pour ambition de proposer une production spécifique mettant en jeu tout à la fois, la réalité de la personne représentée, sa dimension psychologique, l'éphémérité du moment, en utilisant toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies informatiques.

 

F. LIVACHE

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